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numéro 34 (janvier 2004)...


Le Courrier des Incrédules

 

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Actualités de janvier 2004


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ORADUR: UN AN DE DUR

 

Oradour: Vincent Reynouard persiste et signe

Le 18 novembre, l'animateur de la branche francophone de VHO (Vision historique objective), Vincent Reynouard, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Limoges pour apologie de crimes de guerre, délit passible de cinq ans de prison et de 300.000 francs d'amende. Crime de cet ancien professeur de 34 ans, père de quatre enfants: la réalisation et la diffusion d'une cassette vidéo, "La tragédie d'Oradour-sur-Glane: 50 ans de mensonges officiels", complément de son livre volumineux qui, lui, n'est plus interdit depuis l'arrêt du 22 janvier 2002 de la cour administrative d'appel de Paris saisie par Me Delcroix.
[<http://aaargh-international.org/fran/polpen/Oradour/oradour.html>]
Etait également poursuivi pour complicité un Limougeaud de 78 ans, Guy Dubois, qui avait envoyé à treize personnes un bon de commande pour la cassette. Un test ADN (qui coûte environ 100.000 francs!) ordonné par le juge d'instruction Christine Fourel avait prouvé qu'il avait lui-même collé les timbres destinés à l'envoi.
Le procès, bâclé en trois heures devant une salle comble où avaient pris place en nombre à peu près égal les amis et adversaires de V. Reynouard, s'est déroulé dans une atmosphère très lourde, le président François Casassus-Builhé se signalant par une partialité militante. Le paradoxe, c'est que le magistrat ne s'est pas contenté d'essayer de prouver en quoi Reynouard avait fait une apologie de crime de guerre, il a voulu refaire en une matinée et donc au rabais le procès de Bordeaux de 1953 où vingt et un prévenus étaient passés en jugement pour "assassinats accompagnés et précédés d'actes de barbarie, incendie volontaire de l'église, association de malfaiteurs". S'appuyant sur l'autorité de la chose jugée, le président et le procureur de la République, Olivier Tcherkessof, ont considéré que la thèse avancée ne "reposait sur aucun fait établi" et qu'au procès de 1953 les prévenus n'avaient pas contesté que les hommes de la division Das Reich avaient eux-mêmes mis le feu à l'église d'Oradour où périrent plus de cinq cents femmes et enfants. Ce à quoi Vincent Reynouard a répondu qu'il y avait deux genres de procès: "le procès traditionnel où le prévenu est présumé innocent et le procès où intervient la raison d'Etat et où le prévenu est d'office présumé coupable". La seule solution pour la défense, c'est alors, comme à Nuremberg en 1945-46 ou à Bordeaux en 1953, d'opter "pour une défense de connivence et non de rupture".
Me Delcroix a demandé que l'on visionne la cassette, objet du délit. Refus du président qui en revanche accepte aussitôt la suggestion de l'avocat de la LICRA, Me Philip Gaffet, de faire venir à la barre Marcel Darthout qui a été témoin, non pas de ce qui s'est passé à l'église mais dans les granges où personne ne conteste qu'en effet la division Das Reich a fusillé une centaine d'hommes dans l'après-midi du 10 juin 1944. Dans un premier temps, le président permet au prévenu d'interroger lui-même le témoin des parties civiles, mais très vite il se ravise et lui reproche âprement d'avoir dédié son "livre aux victimes civiles d'Oradour, de Dresde, d'Hiroshima et aux vaincus qu'on a calomniés". "Dédiez-vous aussi ce livre à Adolf Hitler?", le défie-t-il. "Pourquoi pas, c'est un vaincu", rétorque V. Reynouard -- qui a également dédié l'ouvrage à un certain Jean-Marie, ce qui met le tribunal en transes, mais le Jean-Marie en question est... le Bruxellois qui héberge Reynouard et sa famille!
Posément, le révisionniste explique sa démarche: "Mon livre part de pièces que j'ai étudiées, recopiées. J'ai été voir des pompiers, des artificiers, des fondeurs de cloches. Mon objectif est seulement d'ouvrir un débat que mes contradicteurs ont toujours refusé malgré mes demandes réitérées. Ce que je souhaite, c'est l'ouverture des archives de la gendarmerie du Blanc (Indre) qui sont hélas fermées jusqu'en 2053! Si j'ai commis des erreurs, je suis prêt à les corriger, mais débattons et ouvrons les archives!". Le président prend violemment l'accusé à partie: "Vous n'y étiez pas, il faut vous mettre cela dans le crâne." Réplique de Reynouard: "Les historiens qui étudient César et qui écrivent des livres sur lui ne l'ont pas connu!" Les témoignages que l'on oppose à l'animateur de VHO, ce dernier les a longuement analysés et décortiqués dans son livre, mais on ne lui laisse pas le temps de s'expliquer.
La LICRA, les Amis de la Fondation pour la mémoire de la Déportation et Marcel Darthout demandent chacun un euro de dommages et intérêts et mille euros d'indemnités, le procureur requiert quant à lui 1.500 euros d'amende contre Guy Dubois, un an d'emprisonnement assorti d'un sursis partiel ou total et 4.500 euros d'amende contre Vincent Reynouard. En laissant entendre qu'une peine d'emprisonnement ferme était envisageable pour "faire un exemple" et assurer "le repos des âmes et la paix des consciences"!
Dénonçant ces accusations "de nature morale et théologique", Me Eric Delcroix a expliqué dans sa plaidoirie qu'il n'y avait pas apologie mais contestation d'un crime de guerre. Constatant que la justice des hommes n'était pas infaillible puisqu'elle a condamné le Christ et Jeanne d'Arc et que le devoir de l'historien n'est pas de protéger l'ordre social mais de s'attacher à la véracité des faits, l'avocat a plaidé la relaxe. Jugement le 12 décembre.
Jérôme Bourbon
Rivarol, n* 2646 du 28 novembre 2003
VHO, BP 256, B-1050 Bruxelles 5.

 

Le tribunal correctionnel de Limoges a rendu son jugement: Vincent Reynouard est condamné à un an de prison dont trois mois ferme, à 10.000 euros d'amende, à la confiscation de toutes ses archives saisies par la police belge lors de l'instruction de l'affaire, à une interdiction de se rendre dans le département de la Haute-Vienne, à une mise à l'épreuve de trois ans, à verser à chacune des trois parties civiles 1 euro de dommages-intérêts et 1.000 euros au titre des frais de procès.

Son "complice", Guy Dubois, est condamné à trois mois de prison avec sursis et à 2.000 euros d'amende.

Le jugement a été déclaré exécutoire, ce qui veut dire que l'appel qu'ont interjeté les deux condamnés n'est pas suspensif! Néanmoins, aucun mandat de dépôt n'ayant été délivré à l'audience, Vincent Reynouard a pu rejoindre son domicile. Hier, toute la journée, veille du procès, FR3 régional avait rappelé que le jugement devait être rendu ce matin et avait invité les auditeurs à poser leurs questions sur Oradour et à faire part de leurs observations, en leur fournissant un numéro de téléphone spécial à cet effet.

A la sortie de l'audience, des organisations de gauche, telles que les sauvages du SCALP, avaient rameuté leurs troupes que Vincent et ses amis n'ont pu esquiver qu'en prenant leurs jambes à leur cou.